Les Remontées de Vichy dans la France de Sarkozy

DOSSIER OMNIUM N° 7

Les Remontées de Vichy dans la France de Sarkozy

Petit rappel de l’histoire de la déportation des médecins juifs en France sous l’occupation, des Roms (tziganes), des homosexuels français et des sectes.

Chers amis (ies),

J’avais mis au programme de mes dossiers Omnium pour cette année 2012 une analyse des  racines historiques de la chasse aux sorcières en France, m’inscrivant ainsi dans la continuité du travail déjà effectué par mon prédécesseur Joël LABRUYÉRE grand spécialiste en la matière (L’Etat inquisiteur, La Sectophobie). En effet la France, notre mère patrie, fille aînée de l’Eglise et « berceau des droits de l’homme », a été, depuis la fin de la domination romaine en Gaule, la mère patrie de l’inquisition par l’Eglise et par l’Etat des autres religions, croyances et pensées alternatives, des juifs, des tziganes, des homosexuels mais aussi des « sorciers et sorcières » (autrement dit des sectes modernes et des médecines traditionnelles à toutes les époques). Cette folie destructrice d’une cruauté insensée, mêlée de haine raciale et de xénophobie autant qu’à d’obscurs intérêts financiers, a enflammé l’Europe toute entière pendant plus d’un millénaire, torturant et massacrant des centaines de milliers d’innocents et d’innocentes. Elle trouvera son apogée à notre époque avec l’holocauste des juifs, des Roms, des sectes et des homosexuels (entre autres victimes) perpétré par les Nazis et leurs collaborateurs zélés (la France de Vichy par exemple) qui mettra des millions d’innocents et d’innocentes en enfer et coûtera la vie à plus de 6 millions d’entre eux. Le peuple allemand a été lui-même la première victime du monstre. Mais le monstre n’est pas encore mort, il a encore des soubresauts et en France tout particulièrement. Il se trouve que les déclarations récentes des ministres et des députés UMP qui « galvanisent » la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, cherchent à réactiver le même monstre « bien de chez nous ».

En effet les coups de barre à l’extrême droite des soi-disant gaullistes de Sarkozy n’arrêtent pas d’enfumer l’atmosphère de cette campagne électorale d’une odeur de soufre particulièrement tenace. La pêche à l’électorat d’extrême droite est ouverte et ça sent vraiment très mauvais. En 2010 déjà, Brice Hortefeux, alors Ministre de l’intérieur (et grand ami de Sarkozy) nous avait déjà habitué avec son collègue Besson à ce petit jeu dangereux de la pêche à l’électorat d’extrême – droite avec l’expulsion sans ménagements des Roms (les tziganes) aux frontières de la France.

Le ministre de l’immigration Eric Besson avait alors contesté que les Roms aient été spécialement visés par ce que le gouvernement présentait comme « une politique d’aide aux retours volontaires !!! ». La France, qui après les avoir internés dans des camps, avait expulsé 9.000 Roms depuis le début de l’année 2010, dont un millier en août, déclarait ne procéder qu’à des expulsions individuelles, même si les personnes refoulées étaient embarquées sur des vols « spécialement affrétés ». « Le droit européen a été respecté. Il n’y a pas eu d’expulsion collective », avait osé déclarer Eric Besson à Bucarest. L’ONU, le Triangle marron des déportés tziganes Parlement européen, le Vatican, la Roumanie et l’ancien numéro un cubain, Fidel Castro ont critiqué cette politique raciste et discriminatoire.

Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a réaffirmé sur France-Inter dimanche 5 février que « toutes les civilisations ne se valent pas », confirmant ses propos controversés tenus la veille lors d’un colloque organisé par l’association étudiante de droite UNI à «l’Assemblée nationale » !!!

« Toutes les civilisations, toutes les pratiques, toutes les cultures, au regard de nos principes républicains, ne se valent pas ». Bien que ne visant « aucune culture en particulier », il a alors fourni deux exemples se rapportant à l’islam. « Se pose la question de l’interdiction du voile intégral à l’Assemblée nationale. Eh bien, la majorité vote l’interdiction du voile intégral et le Parti socialiste ne participe pas au vote », a-t-il déclaré. « Autre exemple, les prières de rue, a poursuivi le ministre. J’ai entendu un responsable socialiste très important dire que ça ne gêne personne ; mais si, ça gêne beaucoup de Français. Mais ça gêne surtout un principe, celui de la laïcité. Et nous, nous avons interdit la prière de rue ». « Au regard des valeurs que porte la France et que, je crois, portent tous les partis républicains en France, il y a des civilisations que nous préférons », a ajouté l’ancien préfet. « Pour nous, tout ne se vaut pas ». M. Guéant a conclu, en haranguant une dernière fois ses adversaires politiques : « Est-ce que le parti socialiste trouve qu’une civilisation qui asservit la femme, qui bafoue les libertés individuelles et politiques, qui permet la tyrannie est une civilisation qui a la même valeur que la nôtre ? Qu’ils répondent ! »

Monsieur Guéant a la mémoire bien courte en stigmatisant une civilisation qui nous a donné en 2011 un exemple extraordinaire de lutte pour les libertés individuelles et politiques avec les révoltes arabes et les soulèvements tunisiens, égyptiens et Libyens. Certes tous les problèmes ne sont pas réglés, loin s’en faut, mais ils sont, pour une fois, en très bonne voie. Là encore, Monsieur Guéant, qui, je vous le rappelle est ministre de l’Intérieur de la république française (ça la fout mal quand même !), a été, comme son prédécesseur à la pêche aux voies d’extrême droite pour son candidat. Monsieur Guéant nous parle de la laïcité bafouée par le voile intégral ou les prières de rues (comme si c’était dangereux de prier dans la rue !!!), lui qui ne supporte ni les musulmans, ni les témoins de Jéhovah, ni les scientologues ni aucun des mouvements religieux minoritaires que nous sommes, ni les médecines alternatives, lui qui finance grassement la Miviludes, l’Unadfi et la Fecris avec Fillion, c’est lui qui parle de laïcité ! Ben voyons !

Décidemment Monsieur Guéant nous n’avons pas du tout la même idée de la république ! « En tout cas, si on tolère une telle déclaration, plus rien n’empêchera demain un ministre de la République de revendiquer l’infériorité des races, ou la supériorité d’une religion sur une autre et de justifier ainsi des actes de discrimination dont la gravité ne cessera de croître ».

De mieux en mieux, Christian Vanneste, député UMP, joue les négationnistes en contestant la déportation des homosexuels français par le régime de Vichy pendant la seconde guerre mondiale.

Il limite la déportation des homosexuels français aux seuls homosexuels alsaciens et lorrains qui ayant été « annexés par l’Allemagne nazie » ne compteraient pas dans le nombre des homosexuels français déportés. Ils vont être contents les Alsaciens et les Lorrains !!!

Une fois de plus la pêche à l’électorat d’extrême droite qui abhorre les homosexuels a frappé au pire c’est-à-dire le négationnisme pur et dur à la Le Pen. Mais le pire du pire c’est qu’il a été appuyé dans ses propos par Arno Klarsfeld, le chasseur de nazis, mais aussi président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration par la volonté de Sarkozy. Arno Klarsfeld est venu également au secours du ministre de l’Intérieur (Guéant) et a déclaré qu’il « a tout à fait raison de faire de son mieux pour ramener à la lumière du centre droit les potentiels électeurs du FN qui ne sont ni aveuglément nationalistes, ni bêtement xénophobes, ni faussement socialistes ».

On croit rêver et pourtant c’est bien vrai ! Pétain refait surface à l’extrême Droite, c’est clair depuis longtemps, mais aussi à droite et au centre droit ; Le pauvre De Gaulle doit hurler dans sa tombe.

Pour couronner le tout nous venons de prendre connaissance d’un dossier très documenté concernant l’Ordre des médecins et la mise en place d’une organisation nationale de délation et de répression contre les médecines alternatives, les médecins qui les pratiquent, leur clientèle mais aussi les praticiens de santé non médecins.

En effet, tout comme il existe en France des fonctionnaires des renseignements généraux dans chaque département pour « informer » sur les risques de dérives sectaires, il existe également un médecin référant par département pour tout ce qui concerne « les dérives médicosectaires ». Dans une interview pour la lettre du Conseil de l’ordre des médecins, Hervé Machi, secrétaire général de la Miviludes, évoque le « partenariat » avec l’Ordre des Médecins: « Le Dr Patrick Romestaing, président de la section Santé publique et Démographie médicale, est notre référent. Il assiste à nos réunions depuis plusieurs années et participe à nos travaux. L’Ordre a nommé des référents « dérives sectaires » dans tous les conseils départementaux. Depuis, la Miviludes reçoit une dizaine de signalements quotidiens provenant de conseils départementaux : preuve qu’il existe un réel besoin sur le terrain ». La Miviludes a toujours présenté ces « signalements » comme des preuves de dangerosité de ces pratiques différentes et comme une justification de son activité. Or, il ne s´agit la plupart du temps que d´interrogations et non de vrais délits! Aux yeux de la population, la Miviludes est donnée pour impartiale et sincère. Comment les Français pourraient-ils imaginer qu’une instance gouvernementale organise une répression quasi aveugle contre des pionniers non encore reconnus des médecines alternatives? Comment pourraient-ils imaginer que l’Etat utilise le prétexte de les protéger pour empêcher une concurrence qui mettrait à mal un système sanitaire qui génère de très gros profits ?

Cette merveilleuse collaboration entre la Miviludes et l’Ordre des Médecins nous en rappelle une autre, ce merveilleux quadrillage de la France nous rappelle les heures sombres où des milliers de médecins juifs ont été livrés à Vichy par leurs confrères (3000 d’entre eux sont morts en déportation) et nous n’allons pas manquer de rafraîchir la mémoire à cette ignoble institution, digne héritière de Vichy et de ses membres actifs.

Histoire de la collaboration de l’Ordre des médecins avec Vichy pour l’élimination et la déportation la déportation des médecins juifs ou étrangers.

Nous dédions cet article à la mémoire du Docteur Liliane Rocher récemment décédée d’une maladie à laquelle la persécution de l’Ordre des Médecins pendant plus de 10 ans n’est pas étrangère.

À partir de 1925, les étudiants juifs polonais et roumains, fuyant les mesures d’exclusion en vigueur dans leur pays, viennent poursuivre leurs études en France et s’y installent après leur naturalisation. En 1935, une série de grèves protestant contre la présence d’étrangers paralyse les facultés, raconte Bénédicte Vergez, historienne. «On donne alors, rien que pour le département de la Seine, les chiffres de 1000 « métèques » pour 4000 médecins. C’était totalement faux. La proportion réelle de médecins étrangers était d’environ 6% pour la Seine et quasi nulle dans la plupart des autres départements français». Il n’empêche que l’exacerbation va croissant dans un milieu médical largement issu de la bonne société xénophobe et antisémite de la 3ème République. Le 9 juillet 1940, le syndicat médical de Seine-et-Oise envoie une lettre à Pétain où est proposée, bille en tête, « l’élimination des innombrables étrangers inassimilables qui, depuis quelques années, ont envahi la France et plus particulièrement le département de Seine-et-Oise et sont la raison dominante de l’abaissement de la moralité médicale ». Le Dr Hollier, signataire de la missive, réclame l’interdiction à tout étranger d’exercer des fonctions publiques, dont la médecine, et une révision des naturalisations. Au même moment se crée l’Association des médecins français de France (sic), qui veut « agir contre les métèques sans feu ni lieu, donc sans foi ni loi ». Divine surprise, Vichy semble prêter une oreille très attentive à ces revendications, puisque la loi «interdisant la médecine aux médecins nés de père étranger» et le premier statut des juifs, écartant les Français juifs des postes publics, paraissent respectivement le 16 août et le 3 octobre 1940. Dans la foulée, Philippe Pétain crée les conseils de l’ordre (supérieur et régionaux, dont les membres seront nommés par le gouvernement), chargés d’appliquer les lois d’exclusion, et décide de dissoudre les syndicats. Voilà qui n’était pas prévu au programme et suscite la crainte d’une mainmise de l’État sur la corporation. «Ils ont cru que Pétain avait adopté les lois d’exclusion uniquement pour leur faire plaisir. Ils n’avaient pas saisi qu’elles étaient tout simplement les premières expressions de la terrible logique interne à Vichy», analyse ironiquement Bénédicte Vergez. La communauté médicale va bouder un ordre étatique, mais les extrémistes, eux, se consolent: leur héraut, Hollier, est nommé au conseil supérieur aux côtés du président, René Leriche, brillant spécialiste en chirurgie vasculaire de Lyon. Sommées d’aider le ministère de la Santé à barrer la route aux médecins étrangers (en grande majorité des juifs) et à appliquer le numerus clausus aux juifs français, comment vont réagir les instances ordinales, de Paris comme de province ? Dans un livre curieusement intitulé Souvenirs de ma vie morte, écrit bien après la guerre, Leriche expliquera avoir fait l’objet de diverses pressions et tenté malgré tout de sauver quelques israélites. Il est vrai que l’extrême droite du milieu médical traita le conseil supérieur aussi bien que le ministère de la Santé de «citadelle judéo-chrétienne» parce qu’ils étaient insuffisamment sévères, mais on trouve, sous la plume de Leriche, entre 1940 et 1942, des déclarations pour le moins révélatrices. En juillet 1940, il écrit : «On fait partir les indésirables et on désémitise Paris.» Plus grave, on peut lire dans un bulletin du conseil de l’ordre de 1941 une incitation qui en dit long sur le zèle avec lequel les médecins ordinaux ont décidé d’appliquer les lois: «Certains conseils départementaux craignent que les arrêtés pris contre les médecins étrangers n’aient qu’un effet théorique. A la vérité, il leur appartient d’user des pouvoirs que leur confère actuellement la loi et ils ne doivent pas hésiter à signaler aux autorités administratives les médecins qui ne tiendraient pas compte de la notification de leur interdiction. Plusieurs conseils départementaux sont entrés résolument dans cette voie.» En mars 1942, lors d’une assemblée de confrères ordinaux, le président souligne: «Le conseil supérieur a réglé le recensement de tous les médecins français en vous mettant à même d’éliminer les indésirables». En province, l’attitude des conseils départementaux sera étroitement liée aux convictions de leurs présidents. Que ce soit sous le règne de Leriche ou sous celui de son successeur, le Dr Louis Portes (choisi moitié par l’État, moitié par ses pairs en 1943), on ne retrouve pas, dans les bulletins de l’ordre, le moindre témoignage de révolte contre les lois d’exclusion ni un mot de compassion à l’égard de ces confrères qui se virent, du jour au lendemain, au pays des droits de l’homme, dénaturalisés ou exclus du corps social pour cause de quota, et désignés de fait aux autorités allemandes, puisque des listes nominatives étaient publiées… Pour avoir appliqué – au mieux, passivement; au pis, très activement – des lois racistes créées par Vichy avant même toute demande allemande et avoir ensuite été longuement frappé d’amnésie, l’ordre des médecins est aujourd’hui de plus en plus critiqué, contesté et contestable. Le choix de la collaboration avec la Miviludes, l’Unadfi et son mode d’organisation, montre qu’il est prêt à reprendre, si l’occasion se présente du service pour le maréchal ! Rappelons que G. Fenech, président de la Miviludes est un des rares hommes politiques français condamnés pour propos antisémites.

Petite histoire de la déportation des homosexuels en général et Français en particulier.

Les nazis ont mené dès 1933 une politique discriminatoire à l’encontre des homosexuels. Elle s’est accentuée à partir de la Nuit des Longs couteaux en 1934 car Hitler désirait laver le parti nazi des accusations d’homosexualité nées du chef des S.A. Ernst Röhm, lui-même homosexuel. En 1935 une nouvelle version de la loi allemande condamne plus fermement les homosexuels. Les nazis condamnent désormais les homosexuels, non pour leurs moeurs, mais parce qu’ils représentent une menace pour la race car ils ne sont pas reproducteurs. La politique homophobe nazie est donc bien une vraie politique raciale, et non une politique moralisatrice. Ce point a son importance. La chasse aux homosexuels est engagée. Les études, qui doivent encore être précisées, estiment le nombre de victimes à 75.000 environ. 10 à 15.000 homosexuels ont été envoyés dans les camps de concentration nazis, tandis que 50.000 à 63.000 autres étaient internés en prison. Dans les camps, les homosexuels n’étaient pas destinés à l’extermination (qui ne concernait que les juifs et les tziganes). Ils devaient subir une rééducation forcée par le travail. Des expériences « médicales » furent menées sur nombre d’entre eux, allant de la lobotomie aux injections hormonales. Les hommes portaient le triangle rose, les femmes (moins nombreuses) le triangle noir. Leur taux de mortalité est très élevé: 60% des homosexuels sont morts dans les camps, victimes des tortures, des brimades, de la faim, du travail harassant. A l’exception des tziganes et des juifs (destinés à la chambre à gaz), c’est le plus fort taux de mortalité dans les camps. En ce qui concerne la France, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation – association reconnue d’utilité publique placée sous la haut-patronage du Président de la République – a déjà dénombré 210 déportés pour homosexualité. Tous l’ont été depuis les territoires annexés l’Alsace et Moselle, ce qui souligne la logique raciale et non morale de la politique nazie. Les nazis n’ont pas déporté les homosexuels d’Europe mais uniquement ceux du Grand Reich, y compris les territoires français annexés. Ce nombre de 210 reste très en deçà de la réalité car les historiens de la Fondation n’ont consulté qu’une part minime des archives. En France, les lois homophobes promulguées par Vichy en 1942 ont été conservées ensuite, jusqu’en 1982 ! Après la guerre les mouvements homosexuels ont tenté de participer aux cérémonies de commémoration de la Déportation, mais ils ont été refoulés sans ménagement. La participation des associations homosexuelle aux cérémonies est refusée durant toute la décennie 1980 par les autres associations de déportés. A partir de 1995, le Ministère des anciens combattants et des victimes de guerre cite les homosexuels à l’occasion de cette journée de commémoration. L’existence de la déportation pour homosexualité a été reconnue par Lionel Jospin en 2001 et par Jacques Chirac en 2005. Ce n’est que depuis quelques années que, dans de plus en plus de villes, les associations représentant les homosexuels sont invitées à être participantes à part entière aux commémorations, ce qui n’exclut pas les problèmes, qui existent encore en de nombreux endroits (voir ce qui s’est passé à Tours, le 30 avril 2006).

La Déportation des Témoins de Jéhovah et la liste des sectes vouées aux camps de concentration par les Nazis. Sur 25000 Témoins de Jéhovah allemands, 10000 furent incarcérés à un moment ou à un autre, la plupart d’entre eux perdirent leur emploi. Environ 2 000 Témoins de Jéhovah ont été déportés dans les camps de concentration où ils portaient un triangle violet et 1200 y ont laissé leur vie. 250 d’entre eux ont été exécutés pour refus de servir sous les drapeaux. D’autres sources parlent de 1450 morts. Le 28 février 1933 le gouvernement du Troisième Reich établissait une liste de sectes interdites au nom de « la protection du peuple et de l’Etat ». De nos jours on parlerait de « défense de la famille et de l’individu ». Cette liste comprenait les Témoins de Jéhovah, les anabaptistes, les adventistes du 7e jour, les mouvements gnostiques… elle sera régulièrement mise à jour par les nazis pour y inclure les astrologues, les occultistes, la Science Chrétienne, l’anthroposophie, la théosophie. La justification de cette liste est retrouvée dans un ordre émanant du nazi Heydrich (cote D59 du procès de Nuremberg) qui établit une marche à suivre pour éliminer ces différentes « Sociétés religieuses et Sectes » et faire arrêter et interner en camp de concentration toutes les personnes connectées à ces mouvements. Rappelons que les témoins de Jéhovah figuraient déjà sur la liste des nazis et qu’ils figurent toujours en bonne place dans le rapport parlementaire de 1995 et de 1999. Rappelons que la Miviludes dénombre maintenant 600 sectes et non 175 comme en 1995. L’existence de ces listes et le maintien de la loi d’exception About-Picard de 2001 qui n’a jamais été abrogée malgré la résolution 1309 du Conseil de L’Europe nous montre la volonté du gouvernement français ce s’inscrire résolument dans la ligne sordide que nous venons d’évoquer.

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