L’étude scientifique des N.D.E

DOSSIER OMNIUM N° 4:

Un dossier pour élever un peu le débat.

L’étude scientifique des N.D.E (Near Death Expérience) ou E.M.I (expérience de mort imminente) semble apporter la preuve que la conscience existe indépendamment de son support matériel : le cerveau. Cette affirmation risque de changer radicalement notre façon de voir la mort mais aussi la vie.

J’ai reçu il y a quelques mois une lettre de Fernand KOCHERT dans laquelle il me confiait une traduction faite par lui d’une interview du cardiologue néerlandais PIM. VANLOMMEL particulièrement intéressante. Je me suis promis d’en faire le thème de l’un des dossiers Omnium et j’en profite pour remercier Fernand pour cet envoi. Je vous transmets cette traduction telle que je l’ai reçue avant de la commenter.

ENTRE LA VIE ET LA MORT.

(NDE : expérience proche de la mort)

Domaine longtemps considéré comme marginal, la NDE fait l’objet d’une echerche systématique dont les résultats viennent d’être publiés dans un ouvrage du cardiologue néerlandais P. Van Lommel. Dès sa parution, ce livre a figuré pendant des semaines sur les listes de bestsellers aux Pays-Bas.

Titre : Conscience sans limites (Eindeloos bewustzijn).

Voici ce qu’il en dit dans une interview récente donnée en Suisse (Das Goetheanum n°46/13 nov.2009).

P. VAN LOMMEL : Sur ce sujet, quatre études existent actuellement : la nôtre effectuée aux Pays-Bas, une étude américaine et deux britanniques, qui toutes ont été conduites selon un plan de recherche identique sur 562 patients, sans compter les patients des groupes témoins. Fait établi par ces études : ni le modèle physiologique (anoxie), ni le modèle psychologique (angoisse devant la mort) ne saurait rendre compte des données caractéristiques communes à ces NDE. La survenue paradoxale d’un accroissement de la faculté de perception, de processus de pensée logique lors d’un épisode d’irrigation déficiente du cerveau nous posent des questions inédites et troublantes sur la notion actuelle de la conscience et de son rapport aux fonctions cérébrales. Une sensorialité parfaitement consciente et des processus complexes de perception pendant une période de mort clinique évidente mettent en question l’opinion que la conscience est strictement dépendante du cerveau. Ces NDE présentent des états de conscience accrue y compris de sa propre identité, des émotions, une pensée lucide, des souvenirs et des perceptions, tout cela étant vécu « en dehors et au-dessus du corps inanimé ».

DANS LE COMA ET POURTANT SE SOUVENANT.

Les données de plusieurs études montrent que la NDE survient lors du coma profond : fait surprenant, car la fonction cérébrale étant déficiente et le patient en coma profond, les structures cérébrales, siège du vécu subjectif et de la mémoire, sont gravement atteintes. Des vécus complexes tels que décrits dans les NDE ne devraient logiquement ni se produire, ni être mémorisés. D’où il faut conclure que selon le courant dominant dans la médecine, une explication scientifique de la NDE est impossible à trouver si nous continuons de « croire » que la conscience est produite par les fonctions cérébrales.(Ndt : « Le cerveau produit la pensée comme le foie sécrète la bile » Théodore Ribot, 1835-1916). Le fait que les patients rapportent ces vécus de conscience est difficile à concilier avec la position de la médecine conventionnelle. Une étude scientifique de la NDE nous conduit aux limites de nos connaissances en médecine et en physiologie s’agissant des dimensions de la conscience humaine et du rapport entre esprit et cerveau.

QUESTION : Un paradigme scientifique veut que les sentiments soient générés par le cerveau et que l’âme n’existe que tant que vit le cerveau. Votre étude apporte-t-elle un élargissement à ce paradigme ?

P. VAN LOMMEL : Notre étude nous a acculés à la surprenante conclusion que la NDE se produit lors de l’arrêt temporaire de toutes les fonctions au niveau du cortex et du tronc cérébral, l’EEG restant plat (électroencéphalogramme). En outre, nous savons par les détails vérifiables du vécu de ces patients hors de leur corps qu’une NDE avec toutes les données rapportées se produit nécessairement pendant toutes la durée du coma et non pas seulement aux premières et aux dernières secondes de l’arrêt cardiaque. Nous devons donc reconnaître l’impossibilité de réduire la conscience à des processus neuronaux, comme le fait la neurologie moderne. Et la preuve que des nerfs ou des réseaux nerveux puissent produire l’essence subjective de l’esprit ou des pensées fait toujours défaut.

QUESTION : Selon votre étude, le cerveau ressemblerait donc plutôt à un récepteur qu’à un agent causal ?

P. VAN LOMMEL : Mon livre décrit un concept selon lequel notre conscience sans limites, non liée à l’espace, ainsi que nos souvenirs prennent leur origine dans une dimension également indépendante de l’espace. La fonction cérébrale et celle des réseaux nerveux peuvent ainsi être comparée à un récepteur-transmetteur (transceiver), non pas à un producteur de conscience et de souvenirs. Selon ce concept, la conscience n’est pas enracinée dans le domaine mesurable, dans le physique, dans le monde visible. Notre cerveau joue donc un rôle de « convecteur » et non de « producteur » du vécu de notre conscience.

DES PROCESSUS QUI DURENT TOUTE LA VIE.

QUESTION : Quels sont les effets à long terme d’une NDE sur les personnes concernées ?

P. VAN LOMMEL : Tous les survivants à un arrêt cardiaque avec NDE ont fait l’objet d’une étude de longue durée, revus après deux ans, puis après huit ans et ils ont été comparés avec un groupe de contrôle dont les patients avaient survécu à un arrêt cardiaque sans NDE. On voulait ainsi vérifier : 1° : si l’absence de la peur devant la mort, 2° : si le changement de conception de la vie, 3° : si la sensibilité intuitive accrue étaient dus à la NDE ou tout simplement à l’arrêt cardiaque en tant que tel. En fait ce sont uniquement les patients avec NDE qui connaissent un tel changement. L’acceptation et le travail consécutif, ce sont des processus qui, en raison de leur impact et de leur immense portée quant à la conception de la vie et la compréhension d’un nouveau système de valeurs, peuvent durer de longues années.

QUESTION : Quel message, selon vous, peut apporter la connaissance de la NDE à notre société ?

P. VAN LOMMEL : Les questions restent encore plus nombreuses que les réponses… Partant de ces expériences de la permanence de notre conscience, il importe d’en considérer toutes les conséquences pratiques sur les problèmes médicaux et éthiques, concernant par exemple les soins aux comateux et aux mourants, concernant l’euthanasie, l’avortement, la transplantation d’organes… Par ailleurs la mort vue sous l’angle de ces données inédites change radicalement votre propre idée de la mort : la conscience ne s’éteint pas à l’instant de la mort ; elle reprend vie dans une autre dimension qui inclut passé, présent et futur. La mort n’est que le terme de notre existence physique.

QUESTION : Se produit-il aujourd’hui plus de NDE que par le passé ?

P. VAN LOMMEL : Oui, de plus en plus. Ces NDE sont favorisés par un taux de plus en plus élevé de survivants aux arrêts cardiaques grâce aux méthodes modernes de réanimation. Aussi bien le contenu des NDE que leurs effets sur les patients apparaissent similaires dans le monde entier, à toutes les époques et à travers toutes le cultures… enfants, adultes, athées, chrétiens, musulmans, bouddhistes, hindous…

QUESTION : La mort n’est donc plus un tabou ; est-elle donc davantage intégrée à la vie ?

P. VAN LOMMEL : Ce qui change la façon d’envisager la vie, c’est l’élimination de la peur de la mort, ce qui enlève également la peur devant la vie. Tout dépend alors du souci, de l’effort de cultiver la relation avec les autres et avec la nature dans son ensemble. L’objectif essentiel est dans une existence : vivre la compassion-empathie et l’amour inconditionnel.

Traduit par Fernand KOCHERT.

Voici donc le texte de cet interview récent du docteur Pim Van Lommel à l’occasion de la sortie de son livre : Conscience sans limites qui devrait être disponible sous peu en français chez Robert Laffont si mes renseignements sont exacts. En réalité la première parution d’un article faisant état des recherches de Pim Van Lommel date du 15 décembre 2001, article publié dans la très sérieuse revue médicale « The Lancet » qui a exposé très longuement et complètement les travaux de cette équipe de cardiologues (Pim Van Lommel ; Ruud Van Wees ; Vincent Meyers ; Ingrid Elfferich) qui se déroulés entre 1998 et 1996. Il est vrai que l’étude faite par cette équipe de chercheurs et leurs collègues américains et anglais sur les EMI (expérience de mort imminente) ou NDE, reste, de loin, la plus sérieuse et la plus irréprochable par son approche scientifique, par l’ampleur et le sérieux des témoignages. Les détracteurs « matérialistes » vont bon train mais aucun n’a pu donner jusqu’à présent d’explication sérieuse à cette expérience et invalider cette étude. Du coup d’autres études démarrent en Europe par des équipes de chercheurs et de médecins avec des protocoles de recherches différents. Rien à voir en tout cas sur le plan scientifique avec les travaux du Psychiatre Raymond Moody en 1975 qui initia le terme de NDE. Les expériences décrites par Raymond Moody sont certes très intéressantes et très proches de celles décrites par les patients de Pim Van Lommel mais elles étaient surtout basées sur des témoignages (certains collectés par annonces dans la presse !) et insuffisamment éprouvées dans un cadre expérimental à quelques exceptions près. Raymond Moody aura eu, au moins, le privilège d’éveiller les milieux scientifiques et tout un chacun à l’intérêt des NDE et d’avoir permis d’initier des études plus avancées sur ce thème.

Le cas emblématique de Pamela REYNOLDS.

En 1991, Pamela Reynolds qui est alors une jeune musicienne et mère de famille, n’a plus que quelques semaines à vivre. Un anévrisme situé au coeur de son cerveau menace de se rompre à chaque instant. Le problème est que cet anévrisme important est inaccessible, il se trouve à la base du cerveau. Un neurochirurgien, Dr Robert Spetzler, propose alors à Pamela l’opération de la dernière chance. Une intervention chirurgicale extrêmement délicate et encore rarement utilisée, pendant laquelle Pamela Reynolds va être placée en état de mort clinique durant… plus d’une heure ! C’est pendant ce temps que la jeune américaine va raconter être « sortie de son corps » et avoir observé toute la scène du dessus. Cette opération est en fait une procédure encore rarement utilisée, appelée « arrêt circulatoire hypothermique », consistant à drainer tout le sang à l’extérieur du corps afin de supprimer la pression dans les artères et ainsi dans l’anévrisme. Une fois le corps vidé de son sang, on peut atteindre l’anévrisme et le supprimer. Mais le problème est qu’en drainant le sang à l’extérieur d’un corps, normalement il meurt, car le cerveau a un besoin vital du sang. En l’absence de circulation sanguine dans le cerveau, audelà de 4 à 5 minutes des changements irréversibles se produisent.

Donc les chirurgiens doivent protéger le cerveau contre ce manque d’oxygène. Pour cela, ils abaissent la température du corps à 15,5 degrés, en fixant un cathéter dans l’artère fémorale afin de sortir le sang du corps pour le rafraîchir dans un bain de glace et le réintroduire ensuite dans le corps par la veine fémorale. Sous barbiturique, et dans ces conditions d’hypothermie, le corps peut normalement survivre entre 30 et 60 minutes, mais la procédure est très risquée et beaucoup de patients sur lesquels une telle opération est tentée, meurent. Bon nombre de survivants subissent en outre des dommages cérébraux graves. Ce n’est donc pas une procédure utilisée à la légère, mais là, il était question de sauver une vie. Celle de Pamela Reynolds. Elle va donc être placée en état de mort clinique durant plus d’une heure. Elle va survivre à l’opération, mais plus stupéfiant, alors qu’elle se trouvait sur une table d’opération et état d’hypothermie avancée, qu’elle n’avait plus une goutte de sang dans le corps, Pam Reynolds raconte être sortie de son corps et avoir observé toute la scène du dessus. Le chirurgien Robert Spetzler l’atteste: à ce moment de l’opération Pamela Reynolds était morte… Son cas va faire le tour du monde, parce que ce qu’il lui est arrivé est impossible. Pourtant Pamela décrit avec précision tout ce qui s’est passé dans la salle d’opération. Donnant de nombreux détails. Un cas historique qui reste aujourd’hui totalement inexpliqué. Est-il possible de percevoir clairement son environnement, de continuer à vivre, alors que le cerveau est totalement inactif, et en état de mort clinique? La preuve nous a été fournie par ce cas stupéfiant de Pamela Reynolds. On croyait tout savoir des expériences de mort imminente (EMI ou NDE en anglais) : le tunnel, la lumière… mais après ? Ces expériences aux frontières de la mort se produisent lors d’accidents graves, de coma, ou d’arrêt cardiaque. 18% des personnes faisant un arrêt cardiaque seraient susceptibles de vivre une expérience de mort imminente. Un cinquième de a population ! Ce qui est étonnant dans ces expériences est que ces personnes cliniquement mortes continueraient à percevoir leur environnement et à s’en souvenir. Elles ont la sensation de sortir de leur corps, et de se voir du dessus. Le corps et l’esprit seraient-ils dissociables ? C’est la question que pose ce phénomène. La recherche actuelle, ainsi que le cas de Pamela Reynolds, montrent que ces expériences ne peuvent être expliquées par des causes physiologiques et qu’elles ne sont pas dues à un désordre mental. Ni rêves, ni hallucinations, ni troubles de la perception. Le 29 mai 2010, 19 ans après avoir été ramenée de la mort, Pamela Reynolds nous a quitté à l’âge de 53 ans, victime d’une attaque cardiaque. La description de cette séparation de l’âme de son enveloppe charnelle au moment de la mort n’est pas nouvelle, c’est le moins qu’on puisse dire. Dans le livre des morts tibétains, ouvrage dont les bases spirituelles datent de la religion Bön prébouddhique du Tibet (religion chamanique du Tibet) l’expansion de la conscience est décrite avec une grande précision ainsi que les facultés transcendantes qui se rattachent à ce corps spécial du Bardo (état de désincarnation) et les expériences de la claire lumière. Pour les érudits Indiens et Chinois de la haute époque l’âme est un « corps » à part entière (conscience, mémoire et références de base de l’être) rattaché au corps physique par l’enveloppe vitale dont ils décrivent précisément l’anatomie. Dans la tradition de l’acupuncture chinoise l’âme est rattachée au méridien du péricarde cardiaque (circulation et sexualité) avec des liens profonds à la fonction sexuelle, au coeur, au système nerveux, au psychisme. Cet organe immatériel fortement lié à la conscience mentale mais aussi à la mémoire cellulaire a son méridien principal, sa ligne d’énergie, sur la face interne du bras allant de la main au coeur. Si certains d’entre-vous s’intéressent au sujet (l’anatomie subtile) j’ai écrit un fascicule sur le sujet il y a quelques années dans le cadre de mes cours de yoga. Je me ferai un plaisir de vous en faire une photocopie (édition épuisée).

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